des oeuvres de Pierre Jaïn exhumées à Kerlaz

Deux œuvres de Pierre Jaïn ont été retrouvées par ses descendants dans l’ancien jardin que le fascicule de la Collection de l’Art Brut qui contient l’article de Pierre Maunoury consacré à Jaïn avait rendu familier à tous les amateurs (pour les autres, précisons que cela se trouve à Kéryoré-Izella dans le Finistère, non loin de Douarnenez).
L’événement a eu lieu en octobre 2004. Enfouies dans le sol, elles ont été retrouvées à la faveur de travaux menés par la famille, au départ sans intention « archéologique »... Mais, confrontée à la découverte de ce message imprévu, revenu d’un passé situé quarante ans en arrière, cette dernière n’a pas tardé à se muer en chercheurs de trésor. La première œuvre retrouvée s’est avérée être un disque de ciment couvert de divers objets incrustés, figurines d’Indien ou de grenouille, coquillages, bouts de verre, boutons de veste, insignes militaires, pièces de monnaie, etc. Ce disque était connu. On le voit dans le petit film Super 8 de Pierre et Renée Maunoury consacré à Jaïn (projeté à la Halle Saint-Pierre en mars 2003). Il était installé sur une demi barrique au sommet de laquelle Jaïn l’avait coulé. Ce tonneau abritait une statue représentant Eve (évoquée par Maunoury dans son article). Une « hutte » proche contenait un « Adam » (œuvre conservée par la famille).
Benoît Jaïn, à qui nous devons l’ensemble de ces informations, et qui travaille depuis quelques années déjà à ranimer la mémoire de son grand-oncle, estime que Jaïn avait ainsi réalisé dans son jardin une évocation biblique du Paradis Terrestre. Mais il ne se prononce pas catégoriquement au sujet du disque incrusté. Etait-ce, puisqu’on en est à évoquer Adam et Eve, le Paradis Terrestre lui-même, version Pierre Jaïn ?
Enfin, une deuxième œuvre, celle-ci absolument inconnue et donc non répertoriée par Benoît Jaïn (ce dernier, fort rigoureusement, nous signale qu’on ne peut l’attribuer complètement à Pierre Jaïn, en l’absence d’autres témoignages mentionnant cette œuvre), fut aussi retrouvée à la faveur des mêmes fouilles, cette fois à la base des vestiges de la « hutte » précédemment citée (toujours existante, elle est très dégradée). Il s’agit d’une sorte de masque en brique rouge (matériau jusque-là inconnu chez Jaïn) de quelques centimètres seulement, aux yeux plissés, et à la bouche entrebâillée, assez étonnant.
Précisons pour conclure que les photos qui accompagnent cette note sont toutes de Benoît Jaïn.

Bruno Montpied.